Autoformation numérique : l’étudier en formation initiale d’architecture

Autoformation numérique : l’étudier en formation initiale d’architecture devient indispensable pour comprendre autoformation numérique, ses leviers et ses inégalités réelles. Entre BIM, DAO/CAO, tutoriels, ateliers, communautés en ligne et IA , les étudiants construisent des compétences souvent hors cours, dans des environnements hybrides (école, domicile, collectif).

Cet article s’adresse aux enseignants en architecture, étudiants, formateurs du numérique, responsables pédagogiques et RH. Il propose des repères théoriques (auto-direction, autorégulation), une lecture « prescrit / fonctionnel / vécu », et des pistes concrètes pour reconnaître et accompagner ces apprentissages dans un cadre formel.

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ParKaouther
Autoformation numérique : l’étudier en formation initiale d’architecture

Autoformation numérique : comprendre l’enjeu en formation initiale d’architecture

Dans les écoles d’architecture, autoformation éducaive du numérique ne relève plus d’un “bonus”. Elle devient un mode d’apprentissage structurel, parce que les outils évoluent vite et que les curricula ne peuvent pas tout couvrir.

Étudier le concept d' autoformation éducative du numérique en formation initiale, c’est éclairer ce qui se joue hors des heures de cours : choix d’outils, stratégies d’apprentissage, gestion émotionnelle, et appuis sociaux.

Point cle
L’enjeu n’est pas seulement de “maîtriser un logiciel”, mais de comprendre comment l’étudiant apprend, s’organise, persévère et transfère ses acquis dans un métier en transformation.

Dans ce cadre, autoformation éducative du numérique se situe à l’intersection de la pédagogie, de l’ergonomie des instruments, et de l’insertion professionnelle. Elle questionne aussi l’équité d’accès aux ressources.

Pourquoi l’architecture rend l’autoformation particulièrement visible

Le projet architectural impose une production concrète et des deadlines. Quand une compétence manque, l’étudiant n’a souvent pas le choix : il apprend “juste à temps”, par essais, pairs ou tutoriels.

Entre autonomie valorisée et autonomie contrainte

Dans beaucoup de parcours, autoformation numérique peut basculer d’une autonomie émancipatrice vers une autonomie contrainte : manque de temps encadré, accès inégal aux logiciels, et absence de médiation.

Autoformation numérique : repères conceptuels (auto-direction et autorégulation)

Pour analyser autoformation numérique, deux dimensions sont décisives : l’auto-direction (déclenchement, choix, planification) et l’autorégulation (monitoring, ajustements, persévérance).

Enseignant accompagnant des étudiants en salle informatique : médiation de la autoformation numérique
Médiation et soutien en salle informatique. Photo par un photographe sur Pexels. - Photo par Thirdman sur Pexels

Ces dimensions permettent d’éviter une lecture “binaire” (autonome / pas autonome). Elles décrivent plutôt des compétences qui se construisent, se fragilisent et se renforcent selon les environnements.

Auto-direction : décider ce qu’on apprend (et pourquoi)

Auto-direction renvoie à la capacité de l’étudiant à définir un objectif (ex. rendu, photomontage, BIM), sélectionner des ressources, puis organiser son parcours pour atteindre un résultat.

Autorégulation : tenir dans la durée et apprendre malgré les blocages

Autorégulation recouvre l’ajustement des stratégies, la gestion du temps, et la régulation des affects (doute, frustration). Dans L'autoformation éducative du numérique, ces affects sont très présents.

Une lecture utile pour les équipes pédagogiques

Ces repères aident les enseignants à transformer une difficulté “technique” en question pédagogique : quels soutiens, quels feedbacks, quels espaces et quelles routines peuvent stabiliser l’apprentissage ?

L’autoformation éducative du numérique : une mise en visibilité méthodologique des dynamiques d’apprentissage


Les résultats méthodologiques mettent en évidence une conception élargie de l’autoformation numérique, dépassant une approche instrumentale centrée sur l’énumération des outils ou des plateformes. Ils révèlent l’épaisseur écologique du phénomène en rendant observable l’environnement personnel d’apprentissage, entendu dans ses dimensions matérielles, sociales et émotionnelles, et dans sa fonction structurante de l’activité d’apprentissage.


1. Une triangulation méthodologique au service d’une compréhension située


Le dispositif de recherche repose sur une pluralité de techniques de collecte articulées de manière complémentaire :


des entretiens semi-directifs, conduits auprès d’étudiants et de professionnels en agence, permettant de recueillir des discours réflexifs sur les pratiques d’autoformation ;


des supports iconographiques, constitués de représentations visuelles produites par les étudiants eux-mêmes, rendant visibles leurs environnements d’apprentissage ;


l’analyse des textes de cadrage institutionnels relatifs à la formation initiale en architecture en France et en Algérie.


Cette triangulation méthodologique favorise une lecture multi-niveaux : subjective (expériences vécues), environnementale (espaces et artefacts mobilisés) et institutionnelle (cadres prescrits). Elle s’inscrit dans une perspective compréhensive attentive aux interactions entre sujet, instruments et contexte (Rabardel, 1995).


2. Une modélisation en six dimensions : vers une cartographie fine de l’autodirection


La grille d’entretien élaborée pour les étudiants structure l’analyse autour de six dimensions interdépendantes :


La trajectoire (environnementale, sociale et institutionnelle), qui situe l’apprentissage dans un parcours biographique et académique ;


La dimension décisionnelle et organisationnelle, intégrant les opérations de planification, de régulation et d’évaluation ;


La dimension actionnelle (post-décisionnelle), correspondant à la mise en œuvre concrète des choix opérés ;


La dimension affective et émotionnelle, souvent déterminante dans les dynamiques d’engagement ou de blocage ;


La qualité des apprentissages émergents, articulée à une vision prospective.


Ce découpage analytique constitue également un outil opératoire pour la formation : il permet de diagnostiquer les difficultés rencontrées par les apprenants en distinguant, par exemple, un déficit de ressources, une faiblesse dans la planification stratégique, un manque de rétroaction, un obstacle émotionnel ou une contrainte environnementale. Une telle approche rejoint les travaux sur l’autorégulation et l’autodirection en formation (Carré, 2005 ; Zimmerman, 2000).


3. Le recours aux méthodes visuelles : accéder à l’implicite des pratiques


L’un des enjeux majeurs de la recherche résidait dans l’accès à des pratiques d’autoformation souvent implicites, peu formalisées et difficilement verbalisables. Le choix d’une démarche de recherche « avec les images » répond à cette limite méthodologique.


En mobilisant exclusivement des productions visuelles réalisées par les étudiants, la recherche :


externalise des dimensions tacites de l’activité ;


révèle l’organisation matérielle et symbolique des environnements d’apprentissage ;


permet une médiation réflexive favorisant la mise en mots secondaire de l’expérience.


Cette approche s’inscrit dans le courant des visual methods en sciences sociales (Rose, 2016) et dans une conception située de l’activité, où l’environnement constitue un opérateur structurant de l’apprentissage.


Apport scientifique


L’ensemble de ces choix méthodologiques contribue à une conceptualisation de l’autoformation numérique comme processus multidimensionnel, situé et régulé, plutôt que comme simple appropriation technique d’outils. Il devient ainsi possible de penser l’autoformation éducative du numérique en architecture comme une dynamique intégrant trajectoire biographique, régulation cognitive, engagement affectif et configuration environnementale.

Autoformation numérique : environnements d’apprentissage, émotions et artefacts (apport iconographique)

L’analyse iconographique enrichit l’étude de autoformation numérique car elle montre la “géographie” réelle de l’apprentissage : lieux, artefacts, relations, mais aussi états internes et transitions.

Apprentissage à domicile sur écran supplémentaire : environnement personnel pour autoformation numérique
Environnement domestique et apprentissage tutoré. Photo par un photographe sur Pexels. - Photo par cottonbro studio sur Pexels

Dans votre matériau, la centralité de l’ordinateur personnel apparaît comme un pivot : il relie les environnements, porte les ressources, et symbolise l’avancement (“Loading…”).

Trois environnements typiques (école, domicile, atelier)

Votre analyse met en évidence trois lieux structurants : salle informatique (ressources dédiées, accès contraint), domicile (aménagement personnel, concentration, tutoriels) et atelier (socialisation, motivation).

La séquence émotionnelle comme indicateur d’autorégulation

La trajectoire “curiosité → doute → frustration → remobilisation → satisfaction” décrit une autorégulation affective. Elle explique pourquoi certains étudiants persévèrent, et pourquoi d’autres décrochent.

La visualisation des émotions et des transitions rend visible une part “silencieuse” de l’apprentissage, rarement captée par l’entretien seul (extrait de votre analyse iconographique).

De l’artefact à l’instrument : une lecture “Rabardel” actionnable

En autoformation numérique, l’outil n’est pas neutre. Quand l’étudiant passe de “logiciel” à “instrument”, il construit des schèmes d’usage (rechercher, tester, comparer, produire, documenter).

Du prescrit au vécu : reconnaître l’autoformation numérique dans les dispositifs

Une difficulté récurrente est l’écart entre prescriptions (attentes institutionnelles) et vécu étudiant. La reconnaissance de autoformation numérique ne se décrète pas : elle s’organise.

Votre texte rappelle aussi l’intérêt d’une lecture ternaire (idéel / fonctionnel / vécu) pour éviter de confondre “ce qui est écrit” avec “ce qui est réellement praticable”.

Que chercher dans les textes de cadrage

Pour un pilotage pédagogique, on peut repérer : mentions explicites de travail autonome, accès aux ressources, progressivité, compétences numériques visées, et modalités de soutien (tutorat, ateliers, centres).

Une question-clé pour les responsables pédagogiques

La question devient : à quelles conditions autoformation numérique reste formative (réflexive, durable) plutôt que seulement utilitaire (résoudre un blocage immédiat) ?

Ce que l’institution prescrit Ce que l’étudiant vit souvent Piste de médiation
Progressivité des apprentissages Apprentissages “au fil des projets” Micro-parcours + jalons + auto-évaluation
Outils imposés (DAO/CAO/BIM) Contournements via tutoriels / pairs Banque de ressources + veille outillée
Collaboration et atelier Échanges informels décisifs Peer-learning structuré + rôles (tuteur pair)

Ressources utiles (et vérifiables) pour contextualiser

Pour les référentiels, la reconnaissance des diplômes et la logique de certification, un point de repère utile est la page de France compétences sur la reconnaissance par l’État.

Sur la transformation des pratiques éducatives liées au numérique, on peut aussi s’appuyer sur des publications en accès ouvert, par exemple via OpenEdition Journals (DMS).

Enfin, pour une approche plus “ingénierie pédagogique” des dispositifs et environnements, des ressources académiques sont accessibles sur Persée (articles sur technologies éducatives et apprentissages).

Pistes opérationnelles : accompagner l’autoformation numérique sans la capter

Accompagner autoformation numérique ne signifie pas la “rendre scolaire”. L’objectif est plutôt de rendre l’activité plus visible, plus équitable, et plus durable, avec un coût pédagogique réaliste.

Échanges entre pairs et co-apprentissage : dimension sociale de la autoformation numérique en architecture
Collaboration et feedback entre pairs. Photo par un photographe sur Pexels. - Photo par Monstera Production sur Pexels

1) Rendre explicites les attendus et les critères de qualité

Clarifier ce qui est attendu (démarche, sources, justification des choix d’outils) aide l’étudiant à transformer autoformation numérique en apprentissage réflexif et transférable.

2) Outiller la veille : un “kit de ressources” vivant

Un kit minimal (tutoriels de référence, glossaire, procédures, erreurs fréquentes) réduit la charge cognitive. Il sécurise la autoformation numérique et limite la dépendance à des contenus aléatoires.

3) Créer des rendez-vous courts de régulation

Des points de 15 minutes (individuels ou en micro-groupes) suffisent souvent à relancer l’autorégulation : clarifier un objectif, prioriser, et fixer un prochain pas réaliste.

Point cle
Un dispositif léger mais régulier (jalons, feedback, ressources) peut faire basculer l’étudiant d’une “autoformation contrainte” vers une autoformation numérique durable.

4) Structurer l’entraide (pairs, moniteurs, communautés)

La collaboration n’est pas automatique. La formaliser (binômes, rôles, temps d’échange) sécurise l’accès au soutien et renforce l’engagement dans autoformation numérique.

5) Prendre au sérieux la dimension émotionnelle

Nommer les émotions fréquentes (doute, frustration) et normaliser l’erreur aide à maintenir l’effort. C’est un levier sous-estimé de autoformation numérique, surtout en licence.

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